Mieux que l’espoir : l’espérance

Soyons lucides : aujourd’hui, l’Eglise semble être dans une situation difficile. Sa mission ne se heurte pas seulement à des obstacles extérieurs : elle est aussi entravée par les péchés de certains de ses membres. La multiplication des scandales et des divisions sont autant de contre-témoignage qui peuvent contribuer à faire perdre toute sérénité et à oublier le regard de la foi. Oui, nous aimerions voir l’Eglise rayonnante. Or elle est, à bien des égards, décevante.

Mais en dénonçant ce qui est à juste titre choquant, nous pourrions aussi tomber dans une impasse. L’Eglise est aussi un mystère. Elle ne peut être vue avec nos yeux purement humains. Comme dirait Henri de Lubac, la force s’accorde toujours avec la faiblesse. Et elle ne s’accorde qu’avec elle. Le bon grain s’accorde avec l’ivraie et à vouloir les dissocier rapidement, nous prendrions un risque coûteux : celui de compromettre les fruits. Ce qui sera moissonné dans les larmes sera certainement récolté dans la joie.

Ses maux ne peuvent être combattus avec des moyens profanes. Faute de quoi nous pourrions succomber à l’illusion de croire que c’est nous qui sauvons l’Eglise, alors que c’est elle qui nous sauve. Voulue de toute éternité, l’Eglise ne peut être assimilée aux organisations de ce monde, si humaine soit-elle. Si les apparences ont tout contre elle, elle seule peut se prévaloir d’avoir reçu les paroles de la vie éternelle.

Dans d’autres temps troublés pour l’Eglise, au Moyen Age, alors que sévissaient déjà des ruptures, Gerson, un théologien, disait que le péché de schisme était en chacun de nous. Pour redresser l’Eglise, encore faut-il que chacun prenne sa part. La réforme de l’Eglise – au sens fort du terme – ne pourra se faire que si chacun s’y met. Ses péchés sont bien les nôtres. A nous de combattre nos tiédeurs, nos faiblesses, nos insuffisances.

Dans ce nouveau numéro, Peuples du Monde veut justement donner au lecteur des raisons d’espérer. Parce que le bien ne fait pas de bruit et parce que le bruit ne fait pas de bien,  ce renouveau est à l’oeuvre. A travers les différents reportages et témoignages, la source d’eau vive n’est pas tarie. Sachons justement discerner et lire ces signes des temps.

Henri Jozefowicz – Peuples du Monde n°485

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