Père François de Gaulle : à Paris, il rêvait d’Afrique

« Sa grande joue est de constater que l’Evangile a pris racine en Haute-Volta (l’actuel Burkina-Faso) », écrit Emmanuel Grassin d’Alphonse, dans un texte publié sur le site du diocèse d’Angoulême. Père blanc, François de Gaulle a voué une partie de sa vie à l’évangélisation du Burkina Faso. Il a aussi joué un rôle décisif dans l’histoire de la revue Peuples du Monde.

François de Gaulle est né le 13 février 1922 à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire). Très tôt, il ressent l’appel du Seigneur à devenir missionnaire. Il n’en parlera qu’à 11 ans à ses parents. Il faut dire que chez les de Gaulle, la foi a une place prépondérante. Pour sa communion solennelle, il reçoit une lettre édifiante de sa grand-mère (reproduit dans son livre). En 1940, il rejoint la Société des missionnaires d’Afrique et suit son noviciat en Tunisie. Deux ans plus tard, il est mobilisé. Il débarque en Italie où il participe à la campagne du Mont-Cassin et de Rome. Puis, il débarque en Provence, rejoint l’Alsace et l’Allemagne. Il se voit attribuer la croix de guerre avec étoile d’argent.

La guerre achevée, il retourne en Tunisie où il prête le serment missionnaire, à Thibar, le 29 juin 1949 : « Moi, François de Gaulle, je fais le serment sur les Evangiles de me consacrer désormais et jusqu’à la mort à la mission de l’Eglise en Afrique. » A cette occasion, son oncle, Charles de Gaulle, lui écrit : « C’est du meilleur de mon esprit et du plus profond de mon coeur que je t’adresse mes voeux pour le 29 juin. Il n’appartient qu’à toi-même de reconnaître si tu es « appelé ». Mais si tu t’en sens certain, je puis te dire, comme ton cher Pape te l’aurait dit, que tu dois répondre. »

« Briques dans le ventre », le bâtisseur

Ordonné à Carthage en février 1950, il est envoyé en Haute-Volta. Il y connaîtra de multiples missions : vicaire, économe diocésain, curé, conseiller régional pour les Pères blancs et dans de multiples diocèses : Ouhigouya, Koudougou puis Ouagadougou. Là-bas, il était surnommé « briques dans le ventre« . Il a construit des dizaines d’églises, mais aussi de nombreux puits, dispensaires, services de protection maternelle et infantile. Il était au service des villages de ses paroisses, pour le bien de tous.

Entre 1960 et 1973, il est économe de la province de France des Pères blancs. Il a fait reconnaître légalement la Société des missionnaires d’Afrique, construit de nouvelles maisons en France après la fermeture de Carthage et de Thibar. « J’ai eu entre autres dossiers de m’occuper de la création de l’Entraide missionnaire internationale, un organisme de mutuelle et une caisse de retraite, et du lancement du journal intercongrégations Peuples du Monde. » Il a aussi servi la foi de son oncle et sa tante, lors de fréquentes rencontres, notamment à l’Elysée. Mais, à Paris, il rêvait à l’Afrique, à son cher Burkina Faso.

Lorsque l’on parlait des vocations, il avait coutume de dire : « Il n’y a pas d’abord une crise des vocations, mais une crise de la famille. L’Afrique m’a conforté dans cette conviction. «  L’Afrique, il la quitte en 2008 pour rejoindre la maison des Pères blancs à Mours (Val d’Oise), puis en 2013 celle de Bry-sur-Marne (Val-de-Marne).

Julien Serey – Peuples du Monde n°486

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