Abbé Florent Mongengo

Originaire de la République démocratique du Congo, l’abbé Florent Mongengo est dans le diocèse de Beauvais depuis 2007. Il est vicaire épiscopal, curé « in solidum » de Beauvais, responsable de la pastorale des migrants.

Quel rôle les missionnaires ont-ils joué dans votre vie ?

Un rôle fondamental dans ma vie de chrétien, de séminariste et de prêtre. Je les ai connus dès le bas âge (à partir de 3 ans). Mes parents étaient très proches des missionnaires belges de Scheut-Bruxelles. Amis de la famille, ils venaient très régulièrement à la maison pour manger, fêter, et j’en passe. J’admirais beaucoup cette amitié toute simple. C’était un grand privilège à l’époque au Congo. Ils m’ont accompagné dans les premiers balbutiements de ma vocation sacerdotale, et montré le chemin à suivre. J’ai la grâce de les visiter encore (avec ma maman qui vit en France) quand c’est possible à Bruxelles et à Bruges. Ils me rappellent le petit Florent que j’étais et parlent de mes parents avec beaucoup de bons souvenirs.

Quand êtes-vous arrivé en France ?

Je suis arrivé en France et au diocèse de Beauvais en 2007, dans l’actuelle paroisse Saint-François du Vexin, précisément à Trie-Château. Après avoir renoncé à ma charge de supérieur du grand séminaire interdiocésain au Congo, j’avais sollicité deux années sabbatiques et faire des recherches en philosophie. Ce qui m’a été accordé. J’avais choisi la France simplement parce qu’une partie de ma famille (dont ma maman) y vit depuis plus de trente ans.

Quel souvenir gardez-vous de l’accueil qui vous a été fait en arrivant en France ?

Extraordinaire ! Le Vexin français est encore aujourd’hui comme une partie de moi-même/ J’y ai de grands amis. Les paroissiens et les habitants m’ont tout donné, humainement, spirituellement et pastoralement. Je saisis cette opportunité pour leur redire toute ma reconnaissance. Merci !

Qu’avez-vous découvert dans l’Eglise de France ?

Une Eglise qui sait dire sa conviction religieuse dans un contexte pas simple et très différent de l’Afrique (où l’expression de la foi n’a aucune restriction), notamment la laïcité, avec de nombreux chrétiens se disant non-pratiquants, etc. L’Eglise de France m’aide à être attentif surtout à l’intériorité.

Comment évangéliser aujourd’hui en France ?

Par les fraternités de proximité que je considère comme étant les « Communauté ecclésiale de base (CEB) ou vivante (CEV) ». Les célébrations des messes et autres liturgies ne nous permettent plus de rejoindre plusieurs personnes. Les chrétiens français devraient s’habituer à évangéliser le quotidien de leur vie sans attendre la présence du prêtre ou ses recommandations. C’est là que la France réelle attend la présence de l’Eglise, et il est impossible de confier une telle mission aux prêtres seulement.

Gardez-vous une fraternité avec des prêtres venus du Congo et d’Afrique dans votre diocèse ?

Au minimum pour dire vrai. J’étais régulier du temps de mes études à Paris, cependant avec mes charges pastorales depuis cinq ans et actuelles, je n’y arrive plus. Par ailleurs, j’ai un ami prêtre du Congo dans le diocèse de Créteil avec qui je suis en fraternité. Nous nous sommes connus depuis le petit séminaire.

Peuples du Monde n°486

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